Observatoire du bruit suite à la fermeture de la voie sur berge rive droite

Les résultats observés au cours de l’hiver 2016/2017

Depuis septembre 2016, sur décision de la ville de Paris, la voie Georges Pompidou est fermée à la circulation sur 3,3 km de l'entrée du tunnel sous les tuileries à la sortie du tunnel Henri IV.

Afin de suivre et d'analyser l'évolution de l'environnement sonore suite à cette décision, Bruitparif a mis en place un dispositif spécifique conséquent sur une vaste zone couvrant les abords directs de la voie fermée à la circulation ainsi que les axes potentiellement impactés par les modifications induites de trafic à Paris et en petite couronne. Le suivi est effectué sur une année afin de tenir compte des cycles de variations du trafic, de la diversité des situations météorologiques et des possibles évolutions de comportements des automobilistes.

Le dispositif repose sur la mise en œuvre de 90 mesures de bruit (53 sur Paris et 37 en périphérie) ainsi que sur la réalisation de modélisations du bruit sur les secteurs où les modifications de trafic induites par la fermeture de la voie sur berge rive droite auront été constatées comme les plus importantes. Le couplage des modélisations et des mesures réalisées permet de cartographier les niveaux sonores avant et après la fermeture de la voie sur berge rive droite et d’en déterminer l’impact en termes d’exposition des populations riveraines.

L’analyse des données recueillies depuis novembre 2016 permet de montrer que les conséquences acoustiques de la fermeture à la circulation de la voie Georges Pompidou se manifestent essentiellement dans Paris intra-muros, et notamment sur le secteur des quais hauts, et que celles-ci sont plus accentuées sur la période nocturne qu’en journée.

Les principaux enseignements qui se dégagent sont les suivants :

1. Les reports importants de trafic sur les quais hauts la nuit ont entraîné une hausse conséquente du bruit pour les riverains sur cette période allant de +1,5 à +4 dB(A), soit une augmentation de l’énergie sonore allant de +40% à +150%. De même la congestion accrue de l’axe entre Concorde et la voie Mazas en journée génère une recrudescence des pics de bruit intempestifs (sirènes de véhicules d’urgence, klaxons, deux-roues motorisés excessivement bruyants). Pour les logements situés quai du Louvre, quai de la Mégisserie et quai Henri IV notamment, les mesures réalisées par Bruitparif indiquent que l’augmentation de bruit subie par les riverains peut être considérée comme significative au sens de la réglementation, et qu’elle est donc susceptible de donner lieu à la mise en place, par le maître d’ouvrage, à savoir la ville de Paris, d’actions de diminution du bruit.

2. D’autres axes dans Paris intra-muros ont également subi une augmentation de bruit en lien probable avec les reports de trafic et/ou l’augmentation de la congestion associés à la fermeture de la voie Georges Pompidou. Il s’agit par exemple du boulevard St Germain, du boulevard Bourdon, du boulevard des Capucines, de la rue La Fayette, du boulevard de Sébastopol, de la rue de la Convention, du boulevard du Montparnasse, de la rue Saint-Antoine. Les augmentations y sont toutefois plus faibles que sur les quais hauts.

3. Une amélioration de l’environnement sonore a par contre été observée sur les berges rive droite désormais piétonnisées entre la sortie du tunnel des Tuileries et le tunnel Henri IV, la diminution de bruit y atteignant 8 à 10 dB(A) en période diurne comme en période nocturne, ce qui correspond à une division par six à dix de l’énergie sonore et à une perception de bruit divisé par deux environ. Cette amélioration est toutefois partiellement contrebalancée par une dégradation pouvant aller jusqu’à +4 dB(A) la nuit et +1 dB(A) le jour observée sur les parties de la voie sur berge situées en contrebas du Louvre et entre le boulevard Henri IV et le boulevard Bourdon, du fait du report du trafic initialement en tunnel sur ces sections sur les quais hauts. Une diminution de bruit est également constatée au niveau des premiers bâtiments situés en face sur l’île Saint-Louis et l’île de la Cité. Celle-ci est de l’ordre de 3 dB(A) la nuit et atteint 4 dB(A) le jour.

4. Au niveau des grands axes de circulation comme le boulevard périphérique, l’A13, la N118, l’A86, ainsi qu’en dehors de Paris intra-muros, aucune tendance d’évolution claire ne se dégage en lien avec la fermeture de la voie sur berge rive droite.

5. En dehors de Paris intra-muros, les modifications relevées qui peuvent être reliées, à une conséquence de la fermeture de la voie sur berge rive droite sont observées à l’Est à proximité de l’A4 à Charenton-le-Pont et à Saint-Maurice où une tendance à l’augmentation du bruit est observée (en lien avec  la hausse de la congestion, notamment aux heures de pointe du soir) ainsi qu’à l’Ouest le long de la RD910 et du quai Stalingrad (RD1) à Boulogne-Billancourt où les niveaux ont eu, quant à eux, tendance à légèrement diminuer (en lien avec une baisse de trafic). D’autres causes (travaux notamment) peuvent néanmoins être également avancées pour expliquer ces variations.

6. Outre l'analyse des effets acoustiques de la fermeture à la circulation de la voie Georges Pompidou, les données recueillies ont également permis de décrire finement la situation sonore de 90 sites exposés au bruit routier sur Paris et la petite couronne. Sans surprise, les sites les plus bruyants, de jour comme de nuit (niveaux supérieurs à 75 dB(A) le jour et à 70 dB(A) la nuit), sont observés au droit d’axes fortement circulés où il n’existe pas de protection acoustique (par exemple le long de l'A4, du boulevard périphérique, de la RN118), sur les quais hauts, ainsi que sur des grands axes parisiens (avenue des Champs-Elysées, avenue de la Grande Armée, boulevard de Sébastopol, avenue du Général Leclerc). Il est également apparu que la dynamique du bruit était très différente selon les axes. Ainsi, le long des grands axes fortement circulés, le bruit provient essentiellement des bruits de roulement, la contribution des pics de bruit intempestifs (klaxons, sirènes...) dans l’énergie sonore globale y étant faible (de l’ordre de 1 à 10%). Par contre, sur certains axes urbains (boulevard de Sébastopol, rue de Compiègne à proximité de la Gare du nord, carrefour du Pont de Charenton), la contribution des pics de bruit peut être très importante, atteignant par exemple 45 à 48% de l’énergie sonore en journée, ce qui est le reflet de conditions de circulation fortement congestionnées.

Pour accéder à l’ensemble des résultats de mesure, des modélisations réalisées et des rapports d’analyse produits, rendez-vous sur la plateforme dédiée : http://vsb.bruitparif.fr

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