Les restrictions d'exploitation sur les aéroports parisiens

Des mesures de restriction d’exploitation sont prises sur les aéroports parisiens afin de réduire la gêne occasionnée par les appareils les plus bruyants.

Les Volumes de Protection Environnementale (VPE)

Un Volume de Protection Environnementale (VPE) définit, dans un plan horizontal et un plan vertical, un volume de l’espace aérien dans lequel les avions doivent obligatoirement circuler au départ ou à l’arrivée des aéroports de Paris-Charles de Gaulle et Paris-Orly. Ces volumes permettent ainsi de canaliser les trajectoires des avions, amenant une réduction des nuisances sonores aux abords de ces aéroports. Seuls les avions à hélice peuvent déroger à cette règle.

Si un avion à réaction effectue une infraction en franchissant les limites des VPE de manière illicite, hors cas lié à la sécurité du vol, un procès-verbal est communiqué à la compagnie aérienne. Celle-ci sera alors assujettie au paiement d’une amende administrative recouvrée par l’Autorité indépendante de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa). L’amende peut ainsi aller jusqu’à 20 000 euros par vol concerné.

Schématisation d’un Volume de Protection Environnementale (VPE) (source : ACNUSA)

Les plafonnements du nombre de mouvements et du bruit

Le trafic d’Orly est plafonné en nombre de mouvements (250 000 créneaux par an).

Par contre, pour Charles de Gaulle, il n’y a pas de plafonnements du nombre de mouvements mais un système de quota de bruit (plafonnement du bruit), basé sur l'IGMP (Indicateur global mesuré et pondéré) qui est un indicateur calculé chaque année conformément à l'arrêté du 28 janvier 2003 à partir de l’énergie sonore totale mesurée sur 8 stations de référence positionnées de part et d’autre des deux doublets de Paris-Charles de Gaulle. Son évolution est comparée aux années précédentes et doit rester en deçà de la moyenne des années 1999 à 2001 (valeur de référence prise à 100).

En savoir plus sur l’IGMP (site DGAC)

Les limitations du trafic nocturne

Paris-Orly est le seul aéroport international d'Europe à avoir un couvre-feu de 23h30 à 6h et ce depuis 1968.

Sur Paris-Charles de Gaulle, des créneaux horaires sont attribués la nuit et il existe également des restrictions d’exploitation nocturne de certains aéronefs en fonction de leurs niveaux de bruit. Depuis mars 2012, les avions les plus bruyants sont interdits la nuit à Paris-Charles de Gaulle entre 22h00 et 6h00. A partir de 2014, toujours sur la plage 22h00-6h00, la restriction s’appliquera aux aéronefs dont la marge acoustique est comprise entre 8 et 10 EPNdB (niveaux effectifs de bruit perçus en décibels).

Dans le cadre des réflexions en commission consultative de l’environnement de l’aérodrome de Paris-Charles de Gaulle, le préfet de la région d’Ile de France, préfet de Paris, a confié au préfet Guyot une mission d’étude relative aux vols de nuit sur l’aérodrome. La mission a réuni les associations de riverains, les élus, les compagnies aériennes, l’autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires et l’État. Les travaux se sont déroulés de juillet 2014 à octobre 2015 et le rapport les concluant a été remis par le préfet Guyot en novembre 2015.

La quinzaine de propositions formulées par le rapport concernent divers champs d’action : l’optimisation des décollages et des atterrissages, les conditions de maintenance et d’utilisation des pistes, la programmation et la réalisation des vols de début et de fin de nuit et l’information des riverains.

Suite à ces propositions, la Direction des services de la navigation aérienne a mis en service le 16 septembre 2016 des nouvelles procédures d’approche en « descentes douces » pour les vols de cœur de nuit (0h30 – 5h00) sur l’aéroport de Paris-CDG.

La mise en œuvre de procédures de descente continue

L’approche en descente continue (aussi appelée descente lisse) est une technique qui permet aux équipages de conduire le vol à l’arrivée d’un aérodrome en évitant au maximum les phases de vol en palier et en réduisant ainsi la sollicitation des moteurs, ce qui permet de limiter les nuisances sonores et de réaliser des économies de carburant.

Habituellement, la phase de descente des aéronefs comporte des paliers à faible altitude, qui nécessitent une importante poussée des réacteurs et l’utilisation des dispositifs hypersustentateurs (becs de bord d’attaque, volets de bord de fuite), générateurs de bruit aérodynamique important.

Représentation des approches en descente continue

Représentation des approches en descente continue (crédits : DR – DGAC)

La mise en œuvre de cette technique, conforme aux exigences en matière de sécurité des vols, implique néanmoins au préalable :

Cette procédure est introduite en Ile-de-France sur les aéroports de Paris-CDG et de Paris-Orly où elle est appelée à se généraliser d’ici 2020.

Pour en savoir plus :

Textes officiels relatifs aux restrictions d’exploitation pour les aéroports de Paris-CDG, Paris-Orly et Paris-Le Bourget (site DGAC)

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