Impacts sanitaires du bruit des transports dans la zone dense francilienne

Les conséquences sanitaires du bruit sont aujourd’hui bel et bien démontrées au travers des différentes études publiées à ce sujet au niveau international. Afin de faire progresser la prise de conscience sur cet enjeu majeur de santé publique et de faciliter l’identification des enjeux prioritaires, Bruitparif a réalisé un diagnostic territorialisé permettant d’évaluer les impacts sanitaires liés au bruit des transports au sein de la totalité des quatorze agglomérations qui composent la zone dense de la région Île-de-France.

La méthodologie proposée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fondée sur l’utilisation de l’indicateur synthétique des années de vie en bonne santé perdue a été utilisée, ainsi que les dernières lignes directrices publiées en octobre 2018 par l’OMS pour le bruit dans l’environnement. Celles-ci définissent des valeurs de recommandation pour l’exposition au bruit des transports ainsi que de nouvelles relations dose-réponse permettant de mettre en correspondance les niveaux d’exposition au bruit tels qu’estimés par les cartographies stratégiques de bruit et les principaux effets sanitaires du bruit.

Des cartes réalisées selon des mailles carrées de 250 mètres de côté ainsi qu’à la commune ont permis de représenter les enjeux sanitaires liés au bruit des transports sur l’ensemble du territoire cartographié au sens de la directive européenne 2002/49/CE. Les résultats statistiques ont été fournis sur la totalité de la zone d’étude, ainsi que par agglomération, et pour chacune des communes.

Avec près de 108 000 années de vie en bonne santé perdue chaque année au sein de de la zone dense francilienne, les résultats obtenus viennent confirmer les tendances mises en évidence par l’OMS au niveau européen. Parmi les facteurs de risque environnemental en milieu urbain, le bruit apparaît ainsi comme la seconde cause de morbidité derrière la pollution atmosphérique.

Le principal effet sanitaire de l’exposition au bruit environnemental des transports correspond aux troubles du sommeil, qui représente 61 000 années de bonne santé perdue (soit 57% du total). La gêne est le deuxième effet sanitaire avec 47 000 années de bonne santé perdue (soit 43% du total).

Le bruit routier constitue la principale source de morbidité, en concentrant à lui seul 66 000 années de bonne santé perdue, soit 61% des estimations de pertes d’année de vie en bonne santé dans la zone dense francilienne. Viennent ensuite le bruit ferré et le bruit aérien qui représentent respectivement de l’ordre de 23 000 et 19 000 années de vie en bonne santé perdue, soit 22% et 17% du total.

Du fait de sa forte densité de population, la Métropole du Grand Paris concentre à elle seule 68 000 DALY soit 62% du total.

Il a également été possible d’estimer le désagrément causé à un individu moyen du fait de son niveau d’exposition chronique au bruit des transports au cours de sa vie. Les évaluations réalisées donnent ainsi une valeur statistique de 10,7 mois en moyenne par individu, mais cette valeur cache de fortes disparités territoriales. Ainsi, au sein des secteurs qui cumulent fortes nuisances aéroportuaires et bruit des transports terrestres, le risque sanitaire peut atteindre plus de trois ans.

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