Sur la base des consolidations des cartes de bruit de l'agglomération parisienne, établies en application de la directive 2002/49/CE, près de 20% de la population de l’agglomération parisienne serait exposée au-dessus des seuils, soit environ 2 millions d'habitants.
C’est le résultat de la consolidation par Bruitparif des cartes stratégiques de bruit exigées par la Directive européenne 2002/49/CE et publiées par les autorités compétentes. Publiée en novembre 2011, cette évaluation des enjeux liés au bruit des transports a été effectuée à partir des données disponibles pour 86 % de l’agglomération parisienne (il manque des données qui n’ont pas encore été publiées pour les Hauts-de-Seine et le territoire de l’Essonne appartenant à l’agglomération parisienne). Il ressort de ces travaux qu’environ 20 % de la population de l’agglomération parisienne, soit de l’ordre de 2 millions d’habitants, seraient exposés potentiellement à des niveaux de bruit en façade de leur habitation jugés excessifs au regard des valeurs réglementaires. Parmi eux, environ 60 000 personnes seraient en situation de multi-exposition.
La principale source de cette pollution sonore est la circulation routière :
- 24% des habitants de l’agglomération parisienne (22% pour l'IdF) subiraient des nuisances liées à la route ≥ 65
dB(A) selon l’indicateur journalier
Lden (Level day-evening-night).
- 28% (24% pour l'IdF) seraient exposés à des niveaux ≥ 55 dB(A) sur la période de nuit (22-6h).
- Au total, 17% de la population de l'agglomération parisienne (15% pour l'IdF), soit 1 612 000 personnes, seraient exposées au-dessus du seuil réglementaire de 68 dB(A) en Lden et 8 %, soit 800 000 personnes, seraient au-dessus du seuil de 62 dB(A) la nuit.
Vient ensuite le
trafic aérien qui génère des niveaux excessifs de bruit évalués selon l’indicateur réglementaire Lden ≥ 55 dB(A) pour 3 % des Franciliens (de l’ordre de 350 800 personnes). Il convient de préciser que l’utilisation de l’indicateur Lden ne suffit pas à retranscrire à lui seul l’exposition de la population à des sources de bruit présentant un caractère évènementiel tel que le trafic aérien. En tenant compte des zones survolées à moins de 1000 mètres dans au moins une configuration (vent d’est ou vent d’ouest) ou à moins de 2000 mètres tout le temps, le nombre de Franciliens potentiellement impactés par les nuisances du trafic aérien avait ainsi été évalué par Bruitparif dans le cadre de l’étude SURVOL (
cf rapport d’étude) à plus de 1,7 millions d’habitants.
Concernant le
trafic ferroviaire :
- 5% de la population de l'agglomération parisienne (4% pour l'IdF) exposée à Lden ≥ 65 dB(A)
- 6% de la population de l'agglomération parisienne (idem pour l'IdF) exposée à
Ln ≥ 55 dB(A)
-1% de la population de l’agglomération parisienne (idem pour l'IdF) serait exposée au-dessus des valeurs limites (73 dB(A) en Lden et 65 dB(A) la nuit), soit environ 100 000 habitants.
Compte tenu de la forte densité d’infrastructures, il existe de nombreuses situations de multi-exposition au bruit, c'est-à-dire de zones où la population est exposée à des niveaux excessifs de bruit générés par plusieurs sources de bruit. On estime ainsi que près de 27 000 personnes seraient dans une situation d’exposition combinée à des niveaux trop excessifs de bruit routier et ferré, 32 000 pour le bruit routier et aérien, 3 000 pour le bruit ferré et aérien et 1 100 personnes sont exposées aux trois sources de bruit.
Il n’est pas tenu compte dans cette évaluation des bruits sur le lieu de travail ni de ce qu’on appelle les bruits de voisinage qui sont les bruits domestiques, les bruits de comportement mais aussi les bruits générés par les petites activités commerciales, industrielles, artisanales ou de loisirs.
Il subsiste néanmoins de nombreux territoires et zones habitées où l’environnement sonore est des plus agréables. Un travail d’identification de ces
zones calmes est en cours par les autorités compétentes. Il s’agira bien évidemment de les préserver, c’est un des objectifs fixés aux autorités en charge de l’élaboration des plans de prévention du bruit dans l’environnement.