En partenariat avec le CNAM, Bruitparif a lancé une enquête de perception du bruit auprès d’une population en grande majorité appareillée. Ont-ils exercé dans leur passé une activité professionnelle ou de loisirs particulièrement bruyante ? La gêne et les effets liés au bruit sont-ils différents de ceux ressentis par un panel qui dispose d’une bonne audition ? Quelle est la conscience des risques ? Principaux éléments de réponse.
C’est au sein des cabinets d’audioprothésie où ils étaient en stage que les étudiants de 3ème année du CNAM/CPDA (Centre de Préparation au Diplôme d’État d’Audioprothésiste) ont accepté de contribuer à cette étude. Au total, 624 personnes ont été interrogées parmi lesquelles 53% d’hommes et 47% de femmes, âgés en moyenne de 56 ans. 62% d’entre eux sont appareillés, depuis 8 ans en moyenne.
57% des entretiens ont été réalisés à Paris, 21% en petite couronne, 12% en grande couronne et 10% hors Ile-de-France.
26% ont exercé une activité professionnelle très bruyante
26% des personnes interrogées déclarent exercer ou avoir exercé une activité professionnelle très bruyante, 45% moyennement bruyante et 29% peu bruyante. Les activités considérées comme bruyantes sont l’industrie, l’agriculture/les espaces verts, le bâtiment, mais également la musique, le spectacle et la restauration.
Parmi les personnes exerçant ou ayant exercé une activité professionnelle considérée comme très bruyante, 21% seulement utilisent ou ont utilisé des protections auditives. Ce sont les plus jeunes qui se protègent plus facilement : 36% des moins de 30 ans contre 25% pour les 30-59 ans et 15% seulement pour les 60 ans et plus. Face à ce constat, on peut raisonnablement penser que l’information et la législation bruit au travail de 2003 favorisent aujourd’hui la protection des salariés.
48% des personnes interrogées pratiquent ou ont pratiqué un loisir très bruyant. Parmi ces personnes, seulement 18% utilisent ou ont utilisé des protections auditives : 22% des moins de 30 ans, 18% des 30-59 ans et 16% des 60 ans et plus. Peut-on déduire que l’information et la sensibilisation sur les risques liés à la pratique de loisirs bruyants commence à produire des effets auprès de la population jeune ? Nous le souhaitons.
Pour 23%, le bruit est devenu plus pénible
Les conséquences de l’appareillage sur la perception du bruit au quotidien sont variables en fonction des individus : 37% trouvent désormais le bruit moins pénible, 40% aussi pénible, alors que pour 23%, les nuisances sont devenues plus pénibles.
Parmi les lieux où les personnes interrogées sont gênées par le bruit, les transports arrivent en tête, suivis de près par le lieu de travail, puis les lieux de loisirs et le domicile.
Au domicile, c’est le bruit de voisinage (33%) qui l’emporte comme principale source de nuisances, devant le bruit routier (26%), le bruit d’activités (18%), le bruit ferroviaire (10%), le bruit aérien (8%), ainsi que les bruits liés aux comportements à l’intérieur des logements (appareils ménagers, TV, conversations). Pour rappel, le bruit routier (49% se déclarent gênés) arrive devant le bruit de voisinage (40%) dans le Baromètre Santé-Environnement 2007 de l’INPES.
Les risques, c’est pour les autres !
Lorsqu’on les interroge sur les risques sanitaires liés à l’exposition au bruit, on constate peu de différence avec les réponses données par la population lycéenne dans le cadre de l’enquête menée par le CIDB au sein de 20 lycées franciliens. Pour 78% des personnes interrogées (contre 61% pour les adolescents), le bruit représente un risque plutôt ou très élevé pour la santé des Français en général, alors que seulement 43% (contre 32% pour les lycéens) le considèrent important pour leur propre santé. Si la prise de conscience des risques est un peu plus affirmée avec l’âge, le danger reste pour les autres.
Il est à noter que 22% des personnes exerçant ou ayant exercé une activité professionnelle très bruyante pensent que le risque est faible pour elles et élevé pour les autres !
Pourtant le bruit n’est pas sans conséquence
Effets collatéraux, les personnes interrogées constatent que le bruit occasionne souvent ou très souvent de la fatigue (44% des personnes interrogées), des difficultés de concentration (33%), de la tension nerveuse et du stress (33%), une certaine irritabilité (29%) et des maux de tête (26%).
56% entendent des acouphènes dans leur vie quotidienne et évaluent la qualité de leur audition à 2,6 contre 2,9 (sur une échelle de 1 à 5) pour les personnes non-acouphéniques.
Tous ces résultats militent pour poursuivre des actions d’information et de sensibilisation à tous les âges de la vie.