Les cartes de bruit stratégiques publiées, les quelque 250 autorités compétentes de l’agglomération parisienne (communes et EPCIs) ainsi que les gestionnaires d'infrastructures sont tenus de réaliser un plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE). Qui est concerné et quelles sont les échéances ? Existe-t-il des aides financières ? Quelles sont les étapes ? Principaux repères pour passer à l’action.
C’est la directive européenne 2002/49/CE et sa transposition en droit français qui impose aux communes et EPCI au sein des agglomérations de plus de 250 000 habitants ainsi qu'aux gestionnaires d'infrastructures la réalisation de plans de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE). L’échéance, fixée au 18 juillet 2008 par la commission européenne, est déjà largement dépassée et, pour l’agglomération parisienne, seuls les villes de Pantin et Clichy-sous-Bois et le SAN de Sénart ont à ce jour publié leur PPBE. Certaines collectivités y travaillent d’arrache-pied : la ville de Paris, les Communautés d’Agglomération Grand Paris Seine Ouest, Evry Centre Essonne, Marne et Chantereine, la ville de Vitry-sur-Seine… Mais il y a urgence pour les autorités compétentes qui ne se sont pas encore engagées dans la démarche à maintenant lancer le processus.
L’objectif du PPBE : améliorer au quotidien le cadre de vie et la santé des habitants par la prévention et la réduction, si nécessaire, du bruit dans l’environnement et favoriser l’accès de chacun à une « zone calme » identifiée et préservée. Doivent être considérées les nuisances engendrées par les infrastructures de transport routier, ferroviaire et aérien ainsi que certaines industries. Néanmoins, rien n’empêche les collectivités qui le souhaitent d’étendre le plan d’actions à d’autres sources de bruit, comme celles liées aux activités commerciales ou de loisirs par exemple.
Avec cette disposition, pour la première fois, le législateur propose un dispositif permettant de lutter contre le bruit de manière globale en assurant une cohérence entre les différentes politiques (urbanisme, transport et mobilité, environnement, santé…) dans une perspective de développement durable.
Avant de passer à l’action : revue des aides
Pour soutenir l’élaboration des PPBE, le Conseil régional d’Ile-de-France propose des subventions aux collectivités qui en font la demande. Ainsi, 40% du montant des études préalables (diagnostic complémentaire aux cartes de bruit), pour un maximum de 10 000 euros, et 20% du montant des travaux d’élaboration du PPBE, plafonné à 4 000 euros, peuvent être pris en charge par la Région. Par ailleurs, un budget de 240 000 euros doit permettre de financer 4 opérations pilotes innovantes.
Attention, pour obtenir ces aides, il est impératif d’adresser une demande à la Direction de l’Environnement du Conseil régional avant le démarrage des travaux avec le prestataire. Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter le service air-énergie-bruit du Conseil régional au 01 53 85 79 88 ou via
ppbe@iledefrance.fr.
Par ailleurs, l’ADEME contribue à la résorption des
points noirs de bruit des transports terrestres. Des subventions peuvent être accordées aux collectivités et EPCI pour la réalisation d’écrans acoustiques, l’isolation de façades ou le remplacement de revêtements de chaussées. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site internet
www.ademe.fr, rubrique Bruit ou prenez contact avec Aude Fortain au 01 49 01 45 60 ou via
aude.fortain@ademe.fr.
Etape 1 : faire parler les cartes de bruit
Si les cartes stratégiques de bruit constituent un premier diagnostic de l’environnement sonore, il convient d’aller plus loin dans l’analyse pour déterminer et hiérarchiser les enjeux sur le territoire. Pour ce faire, Bruitparif recommande la réalisation d’un diagnostic acoustique territorialisé en croisant d’autres sources d’informations disponibles : localisation et densité de population, mode d’occupation du sol, zonage du PLU, projets d’aménagement, exploitation du registre des plaintes…
L’analyse de ces données servira de base pour répondre aux questions suivantes :
- Quelles sont les sources de bruit prépondérantes et quels sont leurs impacts en termes d’exposition des populations (localisation, nombre de riverains exposés, présence de bâtiments sensibles …) ?
- Quels sont les secteurs soumis à un dépassement des valeurs-seuils ? Quelle est la surface impactée ? Combien de personnes sont concernées ?
- Quelles infrastructures sont responsables des niveaux de bruit les plus élevés ?
- Où sont localisés les bâtiments et les zones sensibles au bruit (habitat, établissements d’enseignement et de santé, parcs et jardins) ?
- Existe-t-il des secteurs multi-exposés à plusieurs sources de nuisances ? Combien de personnes y sont soumises ?
- Quelles sont les zones les moins exposées au bruit qui pourraient potentiellement être définies comme «
zones calmes » ?
- Etc.
A ce stade, il est également opportun de recenser les documents d’orientation réglementaires existants (Scot / PLU…) ainsi que l’ensemble des informations concernant les actions de réduction ou de prévention du bruit mises en œuvre au cours des 10 années précédentes et prévues pour les 5 années à venir par l’ensemble des autorités compétentes sur le territoire, notamment les gestionnaires des infrastructures de transport.
Ces éléments réunis, il peut également s’avérer nécessaire de mener des études complémentaires sur le terrain pour affiner la connaissance.
Particulièrement importante, cette première étape permet de constituer un socle commun d’informations pour les différents acteurs impliqués dans le projet.
Etape 2 : se lancer dans la réalisation du PPBE
Si chaque collectivité a son organisation spécifique, celles qui se sont engagées au sein de l’agglomération parisienne ont en commun d’avoir désigné un chef de projet et mis en place un comité technique ou de pilotage comprenant les différents services de la collectivité (environnement, urbanisme, voirie…) et les partenaires externes concernés (gestionnaires d’infrastructures, associations d’usagers, experts…). La plupart ont créé des sous-groupes de travail thématiques pour aborder les aspects du PPBE par grande source de bruit, ou pour traiter des aspects particuliers comme la gestion des livraisons, la problématique des klaxons, des 2 roues motorisés bruyants ou de la multi-exposition par exemple.
Les comités de suivi départementaux mis en place sous l’égide des préfets de départements sont également des lieux propices pour les collectivités pour échanger avec l’ensemble des acteurs et obtenir des informations sur les actions prévues par les gestionnaires d’infrastructure dans le cadre des PPBE qu’ils sont également en train de réaliser.
Pour l’élaboration du plan, certaines collectivités, parce qu’elles ont la compétence en interne et disposent d’outils - un système d’information géographique (SIG) notamment - peuvent choisir de se lancer seules. La plupart font appel à un bureau d’études pour les accompagner dans le recueil et la mise en forme des données, la réalisation des études préalables, l’animation des réunions et la rédaction du document.
Tout au long du processus, Bruitparif peut également vous accompagner : rôle de facilitateur pour la récupération, le traitement et la mise à disposition des informations nécessaires, information sur les aides disponibles, diagnostic acoustique territorialisé et accompagnement lors des réunions pour les membres, partage d’expérience, mise à disposition d’outils et de méthodologies sur le site extranet du Forum des acteurs…
Etape 3 : proposer le projet au public
Inscrite dans les textes, la consultation du public est une étape essentielle. Le projet de PPBE, dont la rédaction doit être accessible et pédagogique, doit être mis à disposition de tous pendant 2 mois. C’est l’occasion de recueillir les remarques des habitants sur les actions proposées et, le cas échéant, d’améliorer et d’enrichir le projet. Certaines collectivités mettent un registre à disposition, d’autres, dont Paris, prévoient d’organiser des réunions publiques afin de recueillir les attentes des citoyens sur l’identification des zones calmes notamment.
Cette étape réalisée, le projet devra être arrêté, adressé au Préfet et publié sur internet.