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Musique amplifiée : attention à ne pas dépasser la dose !

Les écouteurs de leur baladeur mp3 enfoncés dans les oreilles, musique à fond dans un environnement urbain déjà bruyant, jeunes et moins jeunes s’exposent quotidiennement à des doses de bruit mettant en cause leur santé. Savons-nous à quel point l’oreille est fragile et combien multiplier les expositions aux niveaux sonores élevés est nocif ? Pour que la musique reste un plaisir sans danger, révisons quelques fondamentaux.

L’oreille, une mécanique fragile

Contrairement aux yeux qui disposent de paupières, l’oreille ne se repose jamais. Même en dormant, nous continuons à capter les sons qui nous entourent et, potentiellement, à détériorer notre capital auditif. Dans l’oreille moyenne, les osselets (marteau, enclume et étrier), les plus petits os du corps humain, transmettent mécaniquement la vibration sonore jusqu’à l’oreille interne où se trouve la cochlée, un tube osseux enroulé en spirale. La vibration se propage alors dans le liquide de la cochlée et met en mouvement les cellules auditives ciliées, qui transforment l’énergie acoustique en influx nerveux. Nos cellules ciliées sont fragiles. Nous n’en possédons que 15 000 qui une fois détruites ne se renouvellent jamais !

Pour en arriver là, une exposition prolongée à un niveau sonore élevé ou une exposition brève à un niveau sonore très élevé peut suffire. Bien que nous ne soyons pas tous égaux devant le bruit : certains pourront ressentir une fatigue auditive ou des acouphènes après une soirée en discothèque alors que d’autres n’auront aucun effet de ce genre… soyons vigilants.

Vous avez dit dose de bruit ?

Il est acquis depuis des années que les risques auditifs au travail sont liés à la combinaison du volume et de la durée d’exposition. C’est valable également pour l’écoute des musiques amplifiées. Si les jeunes sont conscients que les volumes élevés comportent des risques, savent-ils que la durée d’écoute est un facteur aggravant ? Rien n’est moins sûr.

Néanmoins, si l’on s’appuie sur les recommandations émises par les professionnels dans le cadre de la réglementation bruit au travail, il ne faudrait pas écouter son baladeur à fond (100 dB(A) selon la réglementation française) plus de 15 minutes au maximum dans une journée. Et bien entendu, dans le même temps, ne pas s’exposer à d’autres sources de bruit dont le volume est supérieur à 85 dB(A) qui correspond au seuil de risque.

Pourtant, des niveaux de 85 dB(A) sont des valeurs que l’on peut rencontrer fréquemment dans la vie quotidienne. Ainsi, si, par exemple, lors d’une discussion dans un endroit bruyant, vous êtes obligé d’élever la voix, voire de crier pour vous faire entendre, vous êtes potentiellement exposé à un niveau sonore autour de cette valeur. Ce sont des niveaux que l’on peut rencontrer dans les cantines scolaires, à proximité d’engins bruyants…

Selon l’étude menée en 2009 par Bruitparif au sein de 20 lycées franciliens, plus de 20% des élèves seraient exposés à des niveaux de bruit dépassant les 85 décibels, en moyenne cumulée sur leur journée au lycée. C’est la dose de bruit. Elle prend en compte la durée d’exposition et additionne de manière logarithmique les volumes sonores des différents bruits rencontrés. On comprend donc facilement qu’un élève en formation technique, exposé pendant sa journée au lycée à des machines bruyantes, qui prend les transports une heure par jour équipé de son baladeur, avec lequel, qui plus est, il a l’habitude de s’endormir, dépassera vite la dose s’il se rend également 2 fois par semaine en discothèque (où les niveaux sont proches de 105 décibels, soit l’équivalent d’une scie circulaire) !

Sonnette d’alarme

Partout dans le monde, les études se multiplient et les spécialistes sonnent l’alarme. Aux Etats Unis, 1 lycéen sur 5 présente déjà des troubles auditifs, ce qui serait le double d’il y a 10 ans. De plus, selon un avis rendu public en octobre 2008, le comité scientifique des risques émergents et nouveaux de la commission européenne estime qu’entre 5 à 10 % des 6 millions d’utilisateurs de baladeurs en France risquent des pertes auditives irréversibles.

Selon l’enquête réalisée par Ad’Hoc Research pour le compte des Journées Nationales de l’Audition (JNA) en février 2010 auprès de 1001 jeunes de 12 à 25 ans, 40 % d’entre eux ont déjà ressenti des acouphènes après l’écoute de leur baladeur ou en sortant de discothèques. Seulement un tiers d’entre eux déclare avoir été informé sur les risques par le biais de campagnes nationales. Après avoir reçu l’information, la grande majorité déclare vouloir changer de comportement et les plus jeunes sont les plus enclins à le faire.

Devant cette catastrophe annoncée en matière de santé publique, que faire ? Rencontrer les jeunes et trouver les mots pour les sensibiliser. Soyons tous acteurs de leur changement de comportement.

Calculer sa dose de bruit quotidienne

Sur notre site internet, vous trouverez un module pour vous permettre, en fonction de votre profil, de sélectionner vos activités quotidiennes et d’indiquer pour chacune le temps consacré. Vous obtiendrez ainsi la dose de bruit à laquelle vous êtes exposé au cours d’une journée type et, le cas échéant, les recommandations associées.

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Le saviez-vous ?

Les 3 osselets de l’oreille moyenne sont les plus petits os du corps humain.
Marteau, enclume et étrier, les trois osselets de l’oreille moyenne, mesurent moins de 10 mm et pèsent moins de 50 milligrammes au total.
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