Les différents troubles relevés peuvent être : un retard à l’endormissement, une augmentation du nombre et de la durée des éveils nocturnes, la réduction de la durée totale du sommeil, des modifications des différentes phases du sommeil avec une diminution du sommeil profond et des phases de sommeil paradoxal.
Il faut noter que les bruits intervenant dans le début du sommeil et ceux survenant avant le réveil (en fin de nuit) sont perçus par les populations comme les plus perturbants.
Les effets à court terme de la perturbation du sommeil surviennent dès le lendemain : somnolence au travail, à l’école ou au volant, sensation de fatigue, difficultés de concentration, problèmes d’apprentissage et de mémoire, perturbation de l’humeur avec tendance à l’irritabilité et la frustration.
Un certain degré d’habituation aux conditions sonores nocturnes existe car il n’est pas rare de voir disparaître progressivement les plaintes subjectives de mauvaise qualité de sommeil après plusieurs jours ou semaines d’exposition au bruit. Cependant, l’habituation de l’organisme reste incomplète et les effets mesurés au cours du sommeil (notamment les effets cardio-vasculaires) montrent que les fonctions physiologiques du dormeur restent affectées par la répétition des perturbations sonores.
Nous passons un tiers de notre vie à dormir. Pour récupérer et garantir nos capacités physiques, morales et mentales, un sommeil de qualité est essentiel. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans son rapport « Night noise guidelines for Europe » (oct. 2009), un Européen sur cinq serait régulièrement exposé, la nuit, à des niveaux sonores qui pourraient être très nocifs pour la santé.
L’OMS recommande donc de ne pas dépasser le seuil de 30 dB(A) dans la chambre à coucher. Au delà de ce niveau, précise l’OMS, les riverains peuvent être sujets à des troubles du sommeil, de l’insomnie ou une utilisation accrue de somnifères qui peut impacter leur santé.
Au delà de 55 dB(A), soit le bruit émis par une rue fréquentée, une augmentation de la pression artérielle peut survenir.
Certains groupes plus vulnérables au bruit sont affectés dès 30 dB(A). Ce sont les enfants (qui ont besoin de dormir plus longtemps que les adultes), les seniors, les femmes enceintes, les personnes souffrant de maladies chroniques et les travailleurs postés.
Ce rapport de l’OMS fournit des bases factuelles scientifiques sur lesquels pourront s’appuyer les pouvoirs publics pour lutter contre les nuisances sonores urbaines et instaurer des objectifs de qualité et des valeurs limites.